Cinq branches de coton noir

January 26, 2018

Le point de départ de ce récit, vous l’aurez certainement un peu compris avec le titre, c’est ce combat pour la reconnaissance des noirs comme égaux des blancs aux Etats-Unis. Les noirs faisant partie de cette nation qui fut déracinée par les esclavagistes et qui a enrichi les colonies de ce nouveau monde avant l’indépendance des Etats-Unis.

 

C’est en 1776 que Georges Washington réclame l’indépendance, mais dans ses revendications il oublie la suppression de l’esclavage  et Mrs Betsy est dépêchée par les indépendantistes américains pour concevoir le tout premier drapeau des futurs Etats-Unis d’Amérique. Sa domestique, Angela Brown, décide alors de transformer cet étendard en un hommage révolutionnaire en y adjoignant en secret un symbole inestimable…  par vengeance suite à la perte de ses deux frères, elle  va coudre une étoile noire entre deux étoffes blanches. Ainsi lorsque le drapeau se trouve en pleine lumière parmi les 13 étoiles blanches, une noire apparaîtra.

 

Maintenant nous sommes à Douvres en 1944 où de fausses bases américaines sont construites pour faire croire aux nazis à un débarquement imminent dans le Nord Pas-de Calais.  Ces basent sont occupées par des soldats noirs, ceux qui ne peuvent combattre sur le front et parmi eux, le soldat Lincoln qui va recevoir une lettre de sa sœur qui a découvert dans les affaires de leur tante décédée, les mémoires d’Angela Brown. Et si l’histoire qui est relatée dans ces mémoires est bien réelle, alors c’est l’histoire des Etats-Unis qui est à réécrire. De plus Lincoln, en raison du manque d’effectifs intégrera les « Monument Men » ces hommes chargés de récupérer les œuvres d’art volées par les nazis et il sera chargé plus particulièrement de retrouver ce premier drapeau américain qui a lui aussi disparu.

 

Au dessin, Steve Cuzor (auteur notamment de O’Boys) qui avec toute sa puissance graphique nous offre des personnages très charismatiques et de très belles ambiances couleurs en bichromies (c.à d. en noir et une autre couleur), Les couleurs, les tons et les teintes sont très judicieusement choisis.. Il s’agit ici d’une très belle réalisation de la part de Steve Cuzor.

 

Et Tout y est judicieusement mis en scène grâce à un excellent scénario d’Yves Sente qui nous propose une intrigue  très bien menée et parfaitement construite. Un récit qui ne lasse pas tout au long de ses 160 pages. Tout y est parfaitement conté et documenté.


Un récit qui permet d'aborder divers sujets difficiles d'une façon intelligente et intéressante.

Voilà donc un début d’année qui nous offre ici après le magnifique « Lonesome » de Swolfs que vous ai présenté la semaine passée, un second chef d’œuvre à mon avis.

 

"Accordé à la puissance graphique de Steve Cuzor, l’intense scénario d’Yves Sente se joue des clichés guerriers pour mieux mettre en lumière les déséquilibres d’un monde aveuglé par les idéologies les plus sombres. Cinq branches de coton noir est un récit à la résonance étrangement actuelle."

 

 

 

 

 

 

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