Collaboration horizontale

February 3, 2017

Coup de cœur cette semaine avec « Collaboration horizontale » chez Delcourt Mirages par Carole Maurel et Navie.

 

« Collaboration Horizontale », c’est l’histoire d’un amour interdit, d’une communauté de femmes solidaires, du quotidien d’un immeuble sous l’occupation...


Entre héroïsme et trahison, il n’y a qu’un pas, souvent dangereux.

Lorsque Virginie confie ses peines de cœur à sa grand-mère, Rose, elle ne s’attend pas à ce qu’elle va lui révéler. En effet derrière cette charmante grand-mère se cache un douloureux secret.
Nous sommes en 1942, Paris, Passage de la Bonne Graine. Rose, pour sauver son amie juive, Sarah, décide d’intervenir auprès de l’officier chargé de l’enquête, Mark. Rose est mariée à un prisonnier de guerre, avec qui elle a un enfant. Pourtant elle va se lancer dans une passion avec cet Allemand qui va lui révéler la femme qu’elle est. Passion qu’elle va tenter de vivre à l’abri des regards des autres et de leurs jugements. Pas facile car cet immeuble est le sanctuaire de femmes héroïques et ordinaires, veuves ou célibataires, juives ou athées, scandaleuses ou acariâtres.

Virginie Mosser, alias Navie, la scénariste de cet album, n’est pas une habituée de la BD.

 

Bloggeuse, écrivaine, réalisatrice, chroniqueuse, ses activités sont très diverses.
Mais avec « Collaboration horizontale », elle nous offre son second scénario de bande dessinée après « Devenir papa pour les nuls ». En évoquant ces femmes tondues, victimes de l’épuration post-libération, elle aborde le thème de l’amour et l’adultère en temps de guerre et ce avec élégance et intelligence afin d’éviter les clichés.

Un récit avec un nombre impressionnant de personnages secondaires qui nous permettent de découvrir différentes façons de vivre à cette époque faisant du lecteur un témoin des destins qui se heurtent en nous plaçant au cœur de leur intimité. Résistance et collaboration, amour et amitié, féminisme et patriarcat, entraide et indifférence s’entrecroisent en flirtant avec l’histoire.

 

La dessinatrice Carole Maurel nous revient après « L’apocalypse selon Magda » en 2016 et « Luisa ici et là ». Elle nous offre un trait assez doux et léger qui et s’adapte parfaitement au récit qu’il souligne avec justesse et une très belle colorisation qui permet de mettre en valeur l’atmosphère se dégageant de l’immeuble ainsi que les expressions de ses habitants. Elle se permet même une petite prise de risque pour certaines scènes clés du récit mais je vous laisse le découvrir dans l’album.

 

Un titre bien trouvé pour une grande histoire racontée sans voyeurisme ni fausse pudeur. Profond et empli d'émotions, parenthèse enchantée dans une époque désenchantée pendant laquelle les juifs étaient la cible de la bêtise humaine. Un huis clos passionnant qui bouleverse ou révolte et nous rappelle que tomber amoureux peut faire très mal, surtout en temps de guerre et avec l’ennemi.


Une pépite émotionnelle de 140 pages sans jugement par rapport à ces femmes tombées amoureuse de l’ennemi. Un récit à dévorer sans condition et qui nous promet je l’espère d’autres belles sorties par la suite.

 

 

 

 

Please reload

à la une

Père Fouettard Corporation

21/11/2018

1/2
Please reload

Chroniques récentes

19/01/2018

17/01/2018

10/01/2018

05/04/2017

Please reload

Search By Tags
Please reload